Les Svinkels c'est trois joyeux compères, Gérard Baste, Nikus Pokus et Mr Xavier, à la culture résolument hip hop, Baste a taquiné la bombe et Mr Xavier a débuté au sein du groupe THC (tout un programme). Leur association de gens normals grave vraiment son nom dans le hip hop français, d'abord avec un titre posé sur la compil' Police intitulé "Alcootest", puis avec le EP "Juste Fais là" en 1997 suivi rapidement de l'album "Tapis Rouge", album qui aura réveillé le punk qui sommeillait en chacun de nous, puis du maxi extrait de ce dernier album "Bois mes paroles". N'oublions surtout pas DJ Pone qui a rejoint le groupe il y a deux ans et a explosé avec ses scratches dévastateurs sur la majorité des titres de leur dernier album sorti en 2003 "Bons pour l'asile". N'oublions pas également la participation au collectif QHuit, et le cd à boire sorti récemment "Gran Bang".
La force du crew, c'est de réunir un public large et varié, du fan de heavy métal au rappeur et son incontournable pantalon baggy ! Et c'est un vrai plaisir de voir tout ce joli monde jumper durant les concerts. Effectivement la musique des Svink' c'est la rencontre improbable entre le punk de Ludwig Von 88 et un hip hop américain qui sent bon le old school. Le titre qui représente certainement le mieux cette fusion, c'est "Réveiller le punk", titre dont la prod possède ce riff de guitare jouissif résolument saturé. Enfin ça c'était avant ... avant "Bons pour l'asile", album qui a vu Nikus se mettre à la prod et effectue un virage à 180° dans l'univers musical des Svink et c'est loin de nous déplaire ! Oh ne vous inquiétez pas c'est toujours Hip Hop – Rock – Punk mais c'est surtout électro, et c'est vraiment jouissif, la recette fait mouche à chaque fois.
Il ne faudrait surtout pas oublier la plume des Svink, une écriture géniale, inventive au nom de textes originaux gavés de rimes drôles. Que ce soit sur "Bois mes paroles" ("Dieu a pourri mon foie, c'est l'eau de feu qui m'attise", "le vin on s'en sert parce qu'il est convivial rend les dîners de cons vivables") ou Réveiller le punk ("Je veux disjoncter à l'acide, gerber juste avant le concert, monter sur scène tout livide [...] je resterai rock'n'roll dans l'âme jusqu'à ce que je clamse !!!"). Et si la musique des Svink a tourné une page importante d'un point de vue musical, "Bons pour l'asile" reste un réservoir à punchlines dont ont le secret les Svinkels, "Happy Hour" ("Faut noyer cette journée dans un verre qui durera dix tournées, "J'bois à petites doses tout plein de petites doses mais là j'suis vénèr' et vide le bar à vitesse grand verre") ou encore "Plutôt Mourir" ("Mettre de l'eau dans mon pastis plutôt mourir [...] plutôt mourir que d'servir de la Buckler à mon concert"). Mais avec ce dernier album ils prouvent également que c'est bien réducteur de les voir seulement comme une bande de pochtrons ! Et des titres comme "Le Svink c'est chic", "ça n'sert à rien" ou encore "Ma musique" ont une durée de vie illimitée dans votre chaîne hi fi. Bref point besoin de s'étaler sur les lyrics, les Svinkels prouve que l'on peut être hip hop et cultiver un sens aiguisé de la dérision, une certaine fraîcheur appréciable. Et puis les Svinkels sont tout simplement des bêtes de scène, avec pas moins de 150 concerts à leur actif et ça continue, ne les ratez pas ! En plus de montrer que ce ne sont pas seulement des alcooliques, les 3 comparses entérinent définitivement la comparaison avec les Beasties Boys, comparaison qu'ils trouvaient beaucoup trop élogieuse.